L’épreuve orale du concours d’éducateur PJJ [2024]

Épreuve orale concours éducateur PJJ

Si vous êtes admissible après avoir passé l’épreuve écrite, vous passerez ensuite l’épreuve orale du concours d’éducateur PJJ. Elle est divisée en deux parties.

Première épreuve orale du concours d’éducateur PJJ : l’entretien avec un jury

Pour conduire cet entretien, le jury dispose d’un document retraçant votre parcours de formation et vos activités antérieures. C’est vous qui remplissez ce document entre l’écrit et l’oral et l’envoyez au gestionnaire concours. 

Le premier conseil que je peux vous donner est de prendre le temps nécessaire pour bien le remplir. Le jury verra que vous accordez de l’importance à cette démarche. Il pourra également se servir de ce support pour vous poser des questions.

Le déroulement de l’épreuve

L’entretien avec le jury dure 30 minutes et est divisé en deux temps. D’abord, un des membres du jury vient vous chercher en salle d’attente. Vous vous installez dans la salle d’examen et chaque membre du jury se présente. Ce sont des professionnels qui travaillent ou ont travaillé en lien avec la PJJ. 

Vous retrouverez principalement des éducateurs, psychologues et des directeurs mais aussi des magistrats ou conseillers techniques. Ensuite, vous avez 10 minutes au maximum pour vous présenter. Si vous dépassez ce temps, on vous arrêtera. Pendant cette période, le jury vous laisse la parole et ne vous interrompt pas.

Une fois votre présentation terminée, l’échange avec le jury va commencer. Ces derniers peuvent vous poser des questions sur vous, votre parcours et vos motivations, votre expérience, vos connaissances sur le métier… Ils peuvent également vous proposer des mises en situation. 

Cet échange dure jusqu’à ce que les trente minutes de l’épreuve soient écoulées. Après la fin de l’épreuve, vous retournez en salle d’attente en attendant d’être appelé pour la table ronde.

L’entretien avec le jury : la présentation

La première étape dans le cadre de cette épreuve orale du concours d’éducateur PJJ est de préparer votre présentation. Vous pouvez pour cela préparer un support écrit dans lequel vous mettez les points principaux que vous souhaitez aborder. Ensuite, répétez-la jusqu’à être à l’aise. 

Sur la forme, il est important d’approcher les 10 minutes de présentation. Si vous tenez 3 ou 4 minutes, vous donnerez l’impression de ne pas avoir préparé l’entretien. Pensez à regarder les membres du jury pendant que vous parlez. Ne vous excusez pas sans arrêt si vous êtes nerveux. Vous pouvez expliquer que vous n’êtes pas à l’aise, le jury a conscience que l’épreuve peut être stressante. Il attend cependant de vous que vous ne vous laissiez pas submerger.

Sur le contenu, plusieurs présentations sont possibles. La plus commune est la présentation chronologique, vous parlez de vous, de votre parcours scolaire, professionnel et ensuite de vos motivations. Le risque ici est que votre présentation manque de dynamisme et ennuie le jury. N’oubliez pas qu’ils voient une dizaine de candidats chaque jour pendant une à deux semaines. 

Je vous conseille de consacrer un temps important pour évoquer les expériences que vous avez en lien avec le métier d’éducateur. Pour dynamiser un peu votre présentation n’hésitez pas à parler d’une anecdote, d’un moment difficile ou valorisant. Si vous n’avez jamais travaillé avec des jeunes trouvez des liens à partir d’autres expériences que vous avez.

L’entretien avec le jury : les questions / réponses

Dès que votre préparation est terminée, le jury commence à vous poser des questions. Cette partie nécessite aussi une bonne préparation.

L’explication de votre démarche

Pendant cette épreuve orale du concours d’éducateur PJJ, le jury va probablement chercher à comprendre pourquoi vous voulez devenir éducateur. Quelles sont vos motivations ? Qui aurait envie d’aller se frotter à des jeunes en difficultés qui, souvent, n’ont pas envie de vous voir ? Votre explication doit être cohérente.

Par exemple un ancien surveillant de prison qui a travaillé en quartier mineur peut facilement expliquer qu’il apprécie le contact avec les jeunes. Il pourrait parler du fait qu’il aime créer une relation éducative et les aider à avancer. Toute expérience en lien avec les adolescents sera un plus. Si vous n’en avez pas, expliquez pourquoi ce domaine vous attire. 

Le jury peut aussi vous demander pourquoi vous voulez devenir éducateur PJJ et pas éducateur spécialisé par exemple ? Vous devrez alors argumenter et expliquer pourquoi le monde de la justice et du droit et le fait de devenir fonctionnaire vous attire plus particulièrement.

Les connaissances théoriques incontournables

Le jury risque très fortement de vous interroger sur des notions théoriques en lien avec le métier d’éducateur PJJ. Voici les principales qu’ils peuvent aborder.

    • Vous devez avoir des connaissances sur le Code de Justice Pénale des Mineurs (CJPM). Retenez au moins que la procédure pénale est maintenant en principe basée sur une audience de culpabilité et une audience de sanction. On décide d’abord de la culpabilité d’un jeune et 6 à 9 mois plus tard de sa sanction.

    • Les droits et devoirs du fonctionnaire : si vous obtenez le concours, vous intégrez la fonction publique d’état. Vous devez avoir une idée de ce que ça implique. En général, le jury vous interroge davantage sur les devoirs que sur les droits. Il est bon d’en connaitre au moins deux pour montrer que vous vous êtes renseigné. Le devoir de réserve et d’obéissance hiérarchique sont de bons exemples.

    • La laïcité : vous devez savoir qu’un fonctionnaire doit traiter de façon égale toutes les personnes et qu’il s’abstient de manifester, dans l’exercice de ses fonctions, ses opinions religieuses. Cela ne l’empêche pas pour autant de parler de religion avec un jeune par exemple mais il doit rester le plus neutre possible et éviter tout prosélytisme.

Les connaissances théoriques à valoriser

Vous serez valorisé si vous avez davantage de connaissances que le strict minimum évoqué précédemment. Voici quelques notions qui peuvent vous faire gagner des points :

    • Avant le CJPM c’était l’ordonnance de 1945 qui servait de base juridique sur le plan pénal pour les jeunes. Elle a été réformée à plusieurs reprises avant d’être abrogée en 2021.

    • Le cadre pénal et civil. Un éducateur PJJ travaille auprès de mineurs délinquants, c’est ce qu’on appelle « le pénal » mais pas seulement. En milieu ouvert, les éducateurs interviennent également dans le cadre de la protection de l’enfance et de l’article 375 du code civil. Pour cela, ils effectuent des enquêtes sociales approfondies : les Mesures Judiciaires d’Investigation Educatives (MJIE).

    • Les grandes orientations actuelles de la PJJ : ces dernières années, la PJJ a pour projet de créer 20 nouveaux centres éducatifs fermés. Ce chantier est en cours depuis 2017. La mise en place du CJPM est toujours en cours. Elle a entraîné de nombreux changements et les professionnels doivent encore s’y habituer.

    • S’il vous manque certaines connaissances, vous pouvez expliquer que vous pensez les acquérir lors de la formation des éducateurs PJJ. Les membres de jury apprécieront que vous ayez déjà réfléchi à cette question.
Pour ceux qui passent le concours sur titre, il est noté dans le rapport du jury de 2022 qu’il est bon d’avoir des connaissances concernant les notes d’orientation de la PJJ. Il en existe plusieurs mais pour l’oral, en voici deux qu’il peut être intéressant de mentionner :

 

    • La note de 2014 : Au niveau de l’éducateur PJJ, elle met notamment en avant le fait qu’il est le fil rouge d’une prise en charge et permet d’en assurer la continuité en étant présent tout au long du parcours du jeune. Elle évoque également le besoin de diversifier les réponses éducatives pour faire face aux problématiques de tous les jeunes.
     
    • La note de 2015 : Pour un éducateur, cette note aborde la question du placement judiciaire et notamment
       le fait qu’il doit être contenant, éducatif et parfois avoir une dimension contraignante. La nécessite d’établir un projet individualisé y est mentionnée et le travail avec la famille du jeune est encouragé. Enfin, cette note met en avant le fait que la continuité du parcours du jeune doit être un enjeu central de la prise en charge.

L’épreuve orale du concours d’éducateur PJJ : les mises en situation

Mise en situation épreuve orale concours éducateur PJJ

Les mises en situation peuvent inquiéter les candidats. Cela vient du fait qu’elles peuvent concerner de très nombreux sujets. Il est donc difficile d’anticiper les questions et les réponses possibles sont nombreuses. Ce moment permet au jury de vous tester, et leur permet à eux de se projeter. Concrètement, cela leur permet de se dire « je me vois bien travailler avec lui« , ou pas.

Quelques exemples

    • Vous travaillez dans un UEAJ, vous surprenez un jeune qui fume du cannabis, comment réagissez-vous ?

    • Vous travaillez en milieu ouvert, un jeune que vous suivez est sous contrôle judiciaire et ne respecte pas son obligation de soins. Comment réagissez-vous ?

    • Vous travaillez en foyer de nuit seul, un jeune rentre de fugue à 2 heures du matin et vous demande à manger. Que faites-vous ?

    • Vous travaillez en milieu ouvert, un jeune dont vous avez le suivi vous explique que son père le bat régulièrement à maison. Il vous demande de ne pas en parler car cela pourrait le mettre en difficultés, que faites-vous ?

    • Vous travaillez en foyer et prenez votre service du matin. Lorsque vous arrivez, votre collègue de service de nuit est assoupi dans le bureau des éducateurs. Vous sentez une odeur d’alcool dans la pièce. Comment réagissez-vous ?

    • Vous travaillez dans un CEF. Vient le moment du coucher, avec votre collègue vous demandez aux jeunes d’aller en chambre. L’un d’entre eux refuse et s’en prend violemment à vous, il vous insulte. Que faites-vous ?

Les thèmes qui reviennent souvent : les conflits, le respect des lois / des règles, quelques sujets bateaux. Il y a aussi l’incontournable, le collègue alcoolisé / drogué.

Comment gérer les mises en situation

Le premier conseil que je peux vous donner est de prendre votre temps lorsque vous répondez. Le jury ne vous pénalisera pas parce que vous prenez quelques secondes pour réfléchir avant de parler. Ensuite, vous devez accorder de l’importance aux critères suivants :

    • La temporalité : Votre réponse doit le plus souvent comporter plusieurs temps. Dans un premier temps je fais ceci, ensuite le lendemain ou dans la semaine je fais cela. Cela vous permet de fournir une réponse structurée. Par exemple, toujours pour le jeune qui a été violent verbalement. « D’abord je le prends avec moi à l’écart et j’essaie de lui parler. Ensuite, je pourrais envisager de rédiger une note d’incident à envoyer au magistrat le lendemain« .

    • L’équipe : Pensez que dans chaque cas, vous faites partie d’une équipe. Vous pouvez solliciter un autre éducateur, le psychologue, votre chef de service… Dans un premier temps, vous devez gérer le problème à la source. Mais ensuite, montrez que vous avez en tête que vous n’êtes pas seul. Par exemple, dans le cas du jeune qui vous insulte en CEF, vous pouvez essayer de le prendre à part et de parler avec lui. Si la situation reste bloquée, vous pourriez passer le relais à votre collègue avec ce jeune et aller vous occuper du reste du groupe.

    • La loi et le cadre : Selon la mise en situation, votre premier réflexe doit être d’avoir la loi ou le cadre en tête. Par exemple pour le jeune qui consomme du cannabis, c’est interdit par la loi. Même si cela arrive régulièrement qu’un jeune fume en foyer, vous devez dans votre réponse faire référence au cadre. « Dans un premier temps je lui explique que c’est interdit. Ensuite, selon sa réaction, j’envisage ou non une sanction. Je peux en parler à mon responsable ou à mes collègues lors de la réunion hebdomadaire. Pour l’exemple du collègue endormi qui sent l’alcool, la question que va se poser le jury est « est-ce qu’il va prévenir son responsable ?« . Ici, votre collègue enfreint le cadre et a mis les jeunes accueillis en danger du fait de son comportement. En même temps, si vous en parlez à votre responsable, votre collègue peut se retrouver en difficulté. Ce n’est pas une question facile. Sachez juste que le jury ne vous reprochera jamais de privilégier la sécurité des jeunes ou le respect de la loi.

Deuxième épreuve orale du concours d’éducateur PJJ : la table ronde

La table ronde est la dernière épreuve que vous passerez pour ce concours. Vous serez un groupe de 5 ou 6 candidats réunis autour d’une table. Des membres du jury sont répartis dans la salle. Ils vous lisent les consignes de l’épreuve. Ensuite, les candidats lisent le sujet posé sur la table et doivent débattre entre eux.

L’idée est de simuler une réunion d’équipe et de voir comment chacun se positionne. L’échange dure 30 minutes. Ensuite, chaque membre du jury appelle un candidat pour un entretien individuel. Cet échange est censé durer 15 minutes mais il dure rarement plus de 5 minutes.

Quelques exemples de sujets

    • Vous travaillez dans un foyer, en ce moment vous accueillez un groupe composé exclusivement de garçons. Votre chef de service vous informe que vous allez accueillir une fille prochainement. Que faites-vous pour que son accueil se passe au mieux ?

    • Vous travaillez en milieu ouvert et animez un stage de citoyenneté. Lors de la pause du midi, vous surprenez deux jeunes en train de fumer du cannabis. Que faites-vous ?

    • Vous travaillez dans une UEAJ. Prochainement, la municipalité organise un marché de Noël. L’UEAJ doit y participer. Que mettez-vous en place ?

L’épreuve orale du concours d’éducateur PJJ : réussir l’épreuve de table ronde

Si vous avez bien préparé l’entretien avec le jury, l’essentiel est fait. La dernière épreuve orale du concours d’éducateur PJJ ne nécessite pas de préparation particulière. Vous devez seulement suivre quelques principes.

1 : Participez : ne restez pas sans rien dire. Soyez actif, participez au débat. J’ai déjà vu plusieurs fois des candidats faire des interventions pertinentes mais trop rares et être sanctionnés. Le jury attend de vous que vous soyez présent dans les échanges, sans pour autant monopoliser la parole.

2 : Respectez et écoutez les autres : parlez, mais laissez de la place pour les autres candidats. Les échanges doivent être fluides. Si vous parlez tout le temps et interrompez les autres candidats, vous pourrez être pénalisé. Si vous n’êtes pas d’accord avec un autre candidat, dites-le poliment. « Xavier, si j’ai bien compris, tu expliques que… Je ne suis pas d’accord, je pense qu’on devrait plutôt… ». Ecoutez ce que disent les autres et essayez de rebondir sur leurs propos. Le jury essaie de se projeter en vous observant « est-ce que ce candidat pourrait travailler dans une équipe ?« .

3 : Prenez de la hauteur : quand vous lisez le sujet, ne proposez pas de solution tout de suite, c’est ce que la plupart des candidats vont faire. Prenez du recul vis à vis du sujet. Quelles questions se posent ? Qui va être impliqué ? Quels moyens avons nous ? Qui peut-on solliciter ? Que fait-on à court terme puis à moyen et long terme ? Les propositions risquent dans un premier temps de fuser. A un moment du débat, après 20 minutes par exemple, vous pouvez synthétiser ce qui a été dit et relancer le débat.

A la fin de l’épreuve : l’entretien individuel

Après le débat, un membre du jury vous appelle pour échanger avec vous rapidement. C’est l’occasion de prendre du recul sur votre performance. Vous pouvez parler de ce que vous avez apprécié et moins aimé.

Soyez honnête, évitez les réponses bateau type « j’ai tout aimé et les échanges étaient biens ». Vous avez le droit de ne pas avoir aimé les interventions d’un candidat, argumentez. Par exemple si Bob a pris la parole sans arrêt en coupant les autres vous pouvez le dire.

Voilà c’est la fin de cet article sur les épreuves orales du concours d’éducateur PJJ. Si vous souhaitez continuer votre lecture et votre préparation, je vous invite fortement à lire notre article sur la formation d’éducateur PJJ !

 

 
 
 
 

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